Acte 4 bis. One Two Three – ça suffit la plaisanterie

Les Retraités de l’Armée algérienne aux avant-postes de la résistance populaire contre le coup d’État blanc :

لا تمديد لا تأجيل الرحيل الرحيل

Ni prolongation ni renouvellement –  Dégagez Dégagez !

الشعب لا يريد خرق الدستور الجزائري

Le peuple refuse le viol de la constitution algérienne

L’ANP n’a pas dit son dernier mot. Il n’est pas dit qu’elle se rangera derrière les néo Janvieristes, ni derrière les éradicateurs, ni derrière les partisans sectaires du démantèlement de l’Algérie. Elle devrait recevoir cette fois 5 sur 5 le message sans parasite et sans manipulation de l’intérieur du pays qui a donné ses fils, ses frères et ses pères à l’ALN et à l’ANP :

الجيش الشعب اخوة اخوة

Armée, Peuple, Frères, Frères

Que chacun comprenne le message sans équivoque : Non à l’affrontement fratricide ! Non au complot !

Que les consciences s’éveillent à la signification des revendications profondes de l’Algérie profonde : Acte de fraternisation. Sur le plan du sol, du sang, de la langue, de la religion et de l’histoire, nous sommes unis par les liens de fraternité. Tous les slogans de citoyenneté, de démocratie et de République nous les comprenons dans le sens de l’Algérianité dont le socle est la fraternisation.

La fraternisation est d’abord un acte d’amour, de solidarité et de responsabilité devant Dieu et devant la Nation. C’est un acte social et éthique qui précède, enveloppe et donne finalité à l’acte politique et par conséquent c’est un engagement populaire qui refuse toutes les instrumentations politiciennes et tous les sectarismes partisans et idéologiques.

La fraternisation est le ferment de la Révolution algérienne en 1954, le socle social et intellectuel de la Charte de Tripoli qui a refusé les « Marocains », les « Auxiliaires » de la France coloniale et les Berbéristes sans foi ni conscience nationale.

« Révolution démocratique populaire » menée par « la paysannerie, les travailleurs et les intellectuels révolutionnaires » aux dépens de la « féodalité et de la bourgeoisie algériennes dont l’idéologie ferait le lit du néocolonialisme »

Ce sont les effets pervers des compradores et leurs mains mises sur les appareils sécuritaires, militaires, institutionnels, économiques et informationnelles qui ont mis, hier, à genou l’Algérie et qui veulent, aujourd’hui, l’achever.

Tous les discours « gauchisant » de la Révolution algérienne ne sont pas l’adoption du socialisme comme idéologique, mais la seule référence historique du moment qui signifiait la justice sociale et le développement économique à un moment où le monde colonial de la Modernité se muait en Empire américain de la Postmodernité en transitant par la décolonisation et l’affrontement Est Ouest. C’était l’ambiance internationale dans lequel ont émergé le sionisme et l’occupation de la Palestine. En 2019 le monde est en train de changer, tant pis pour ceux qui ne voient pas les changements et qui continuent de s’aligner sur des références idéologiques obsolètes.

La fraternisation était le projet de la charte de la Révolution culturelle de 1977 qui voulait redresser les erreurs du coup d’État de 1965 en remettant aux premières lignes du développement social et économique la personnalité algérienne éclipsée par la bureaucratie, le marxisme importé et la cinquième colonne du colonialisme.

La Seconde République est une Rupture systémique avec ce système, ses élites, ses sectaires et ses rentes historiques, économiques, religieuses et culturelles. Il faut changer les acteurs, les finalités et les modes de fonctionnement. La Seconde République est une Rupture symbolique, rompre avec ce qui nous aliène et renouer avec les fondamentaux de notre histoire et les symboles de notre résistance portée par les grandes figures de la résistance algérienne de 1830 à 1954 puis par le peuple sous la direction du FLN historique et de l’ALN.

Nous sommes revenus à la case départ :

  • Nous devons triompher contre la bourgeoisie compradore et des intelligentsia compradores organiquement liées ou idéologiquement affiliées à l’oligarchie et au sionisme.
  • Nous devons rompre avec les références et les réminiscences du bolchévisme soviétique ainsi qu’avec celles du jacobinisme français.
  • Nous devons rompre avec le frérisme international et le salafisme wahhabite. Nos Oulémas algériens ont accompagné la résistance algérienne et ont désigné le colonialisme comme œuvre satanique qui sape l’âme humaine et détruit les ressources d’un pays. Ce sont nos références après le Coran.
  • Nous devons rompre avec le kémalisme qui a dépouillé la Turquie de son identité pour ne laisser qu’un nationalisme chauvin aligné sur l’Empire.
  • Nous devons rompre avec l’atomisme : face à Rome l’impériale, l’Algérie numide a répondu présent ; face à la colonisation française, l’Algérie dans toutes ses composantes ethniques, linguistiques et confessionnelles a répondu présent !

Sinon nous devons accepter ou être dissous dans le poison ou disparaitre comme les derniers Mohicans.  Une seule voie : le débat d’idées, l’émergence de projets de souveraineté et l’imposition des choix populaires contre l’inquisition politicienne, culturelle, informationnelle et pseudo intellectuelle. Une voie d’encadrement et une voie dans l’urne signifient un seul cadre d’orientation générale qui garantit l’unité nationale dans la diversité, le pluralisme et les libertés individuelles et publiques.

One Two Three que finisse la supercherie

Pour éviter les plaisanteries et les supercheries, chacun doit distinguer l’opposition au système en place et l’opposition à l’Algérie. Autant nous haïssons ce système autant nous aimons l’Algérie. L’amour authentique, en arabe littéraire الودّ al Woud, n’est ni un sentiment mesquin et égoïste ni un élan platonique secret, mais un désir de faire le bien pour l’aimé(e) c’est-à-dire un engagement de proximité qui se manifeste à haute voix, avec noblesse et générosité comme celui de nos ainées qui ont versé leur sang pour que vive la patrie dans la dignité et la gloire. Ces ainées sont notre référence. Le reste :  des calculs d’épiciers tout petits, de l’écume condamnée à disparaitre. Ce qui est utile demeure dans la mémoire, dans le territoire, dans l’acte…

Que le « jeunisme » ne soit pas une autre forme d’aventurisme narcissique pour isoler les anciens cadres et promouvoir les irresponsables et les inexpérimentés fougueux ou devenir des instruments aux mains des expérimentés dans la subversion pour saper ce qui n’est pas encore tombé en ruines en Algérie :

One Two Three : évitons l’Hystérie

Omar MAZRI – ALGERIE RUPTURE

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La Rédaction

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