Ethnie et Génétique, Algérie et Palestine

L’Algérie s’est de nouveau signalée sur la scène internationale en affichant avec force et courage ses oppositions à la conférence de Manama (Bahreïn) consacrant la trahison des Arabes. Les Algériens disent que la Palestine n’est ni à vendre ni à corrompre par ce que les Américains appelle le “Deal of the Century”.

J’avais proposé la publication en début de novembre, mais en vain, une étude sur la conférence d’Annapolis 27 novembre 2007, à l’Académie navale d’Annapolis sur la pseudo « solution à deux États ». Cette étude, faisait suite à mon livre « Gaza la Bataille du Forqane » où il était question de lutte symbolique entre la signification sioniste de « plomb durci » et la signification coranique de « Forqane ». J’avais analysé le triomphe de la résistance palestinienne sur l’armée sioniste, mais j’avais annoncé aussi les révoltes arabes comme onde de choc et leur récupération par les Bédouins et les laquais pour mettre en vente aux enchères la Palestine. J’avais surnommé les Palestiniens du Fatah et de Mahmoud Abbas, « les merlans frits » à la sauce anglo-saxonne.

L’empire en fin de vie et les Arabes en fin de rêve pensent ainsi corrompre les Palestiniens. Les notables de ces derniers, y compris à Gaza, vivent comme des « pachas » profitant de la rente de l’aide européenne, américaine et arabe. Maintenant que la rente est intériorisée dans les couches moyennes, l’oligarchie et la bureaucratie, il est temps de réaliser le hold-up du millénaire : faire capituler les Palestiniens et les mettre hors de l’axe de la Résistance : Iran, Hezbollah et Syrie. Les Algériens en maintenant intact leur position confirment que même loin sur le plan géographique, ils demeurent attachés à leurs principes fondateurs et de ce fait sont acteurs majeurs de l’axe de la résistance.

Toute la haine manifestée envers l’Algérie, son armée, son drapeau et son arabité doit une part d’explication dans le soutien à la cause palestinienne. Les Algériens connaissent le prix à payer pour la libération et ils savent comment ils ont été abusés et aliénés par la rente économique, religieuse et historique. La rente anesthésie les consciences et transforme les valeurs en fonds de commerce. Le verdict de Ben Badis est sans appel : « Celui qui prétend que l’Algérien s’est détourné de ses principes ou qu’il est mort s’est trompé ». Les partisans de l’assimilation se sont leurrés sans pouvoir duper le peuple algérien. Les partisans de l’alignement idéologique sur l’Occident impérial sont en train de dévoiler leur cécité. Les islamismes ont montré leurs inconséquences en posant l’équation palestinienne en termes religieux insolubles puis en bradant l’Irak, la Libye et la Syrie, le Soudan.

Dans le monde arabe, il n’y a que l’Algérie et la Syrie qui parviennent à conserver le cap malgré les vicissitudes du sort et la félonie des rentiers. Dans le monde musulman, non arabe, il y a l’Iran et la Malaisie.

Lorsqu’on parle d’Arabes et de Musulmans, il y a la perfidie idéologique qui vient faire diversion pour saper le ciment qui lie l’Algérie à son aire civilisationnelle.

Nous avons développé suffisamment la question dans les articles précédents qui seront inchaallah complétés dans les prochains jours. Pour ne pas perdre le fil des idées et de l’argumentation, voici en résumé le défi à relever sur notre appartenance civilisationnelle :

  • Référendum sur la langue officielle de l’Etat et sur le fédéralisme !
  • Test génétique sur un échantillon représentatif de la population algérienne (1000 personnes) et calcul de la moyenne statistique pour déterminer « scientifiquement » nos origines ou nos souches ethniques. Comme nous n’avons ni la pudeur ni la raison de trancher par le bon sens, il faudrait alors accepter de se faire traiter de cobaye de laboratoires anthropologiques et mettre fin au débat byzantin sur l’œuf, la poule et le coq.

Pour l’instant, je voudrais mettre en correspondance l’islamité ou l’arabité et la pseudo judéité des sionistes en rebond sur la génétique.

Des « experts » médiatiques font la promotion d’un laboratoire de génétique à Tel Aviv. Ce laboratoire, présenté comme le meilleur du monde, est l’une des plus grande supercherie ethnologique et raciste. Toutes leurs analyses font valoir la présence de gènes juifs et minimisent ceux des Arabes. On va se poser quelques questions et au lecteur de se faire son opinion en toute liberté :

Que signifie être juif ? Langue hébreu, religion judaïque, tribu de Jacob, communauté libérée par Moïse, peuple de Palestine, opprimés de Babylone, descendants de Caïn, peuple élu ? Les Juifs eux-mêmes ne sont pas d’accords sur le terme. Pour les Arabes, il s’agit de la langue arabe, selon un Hadith attribué au Prophète (saws).

Pourquoi les résultats qui font trouver à chaque occurrence adamique analysée insistent sur le caractère ashkénaze et séfarade comme s’ils étaient deux lignées d’Adam ou deux branches du judaïsme. L’appellation Ashkénaze désigne les Juifs d’Europe centrale et orientale : Allemagne, Pologne, Russie, Hongrie. Les Séfarades seraient issus de la péninsule Ibérique, chassés en 1492 par les autorités chrétiennes de la Reconquista, accueillis par le califat ottoman au Maghreb et en Turquie. Ils représentent la partie « arabe » ou « maghrébine » des Juifs de Palestine.

Ceci est contesté par Esther Benbassa, Jean-Christophe Attias, Haïm Vidal Séphiha et Shlomo Sand (« Comment le peuple juif a été inventé »).

Les Juifs Mizrahim ou Juifs caucasiens, turcs, kurde, iraniens, Irakiens, indiens, Nord-africains… ne semblent pas être représentés dans les analyses génétiques qui circulent sur Internet, pour une raison simple : ils n’ont pas rejoint massivement l’entité sioniste.

L’ethnie fictive au service de l’idéologie sioniste. L’idéologie, la représentation faussée ou surdimensionnée de soi contre les autres, ne peut occulter la réalité : quelle est l’origine des Palestiniens ?

Le Messie fils de Marie est Palestinien. Les Chrétiens sont Juifs d’origine palestinienne convertis au Christianisme. Les Musulmans palestiniens seraient donc essentiellement des Juifs et des Chrétiens convertis à l’Islam et adoptant l’Arabe comme langue de civilisation. Ce syllogisme simpliste pour faire simple pose des questions :

Pourquoi les Palestiniens ne réclament pas leurs origines juives autochtones ?

Pourquoi elles ne font pas écho aux traces de l’Assyrie et de la Mésopotamie dont seraient sans doute originaires les Palestiniens plus proche de Noé et d’Abraham que les imposteurs et les usurpateurs ?

Pourquoi les analyses génétiques effacent l’arabité des Tunisiens ?

Lorsqu’on dit que la science est idéologique par ses objets, ses finalités et ses réductions on comprend Bachelard lorsqu’en, matière d’épistémologie et de philosophe des sciences, il dit qu’il est difficile de séparer l’imaginaire du rationnel, l’affectif de la logique : « Nous emprunterons alors la plupart de nos arguments à la Psychologie des profondeurs »

Einstein disait que s’il avait une heure pour résoudre le problème crucial de sa vie, il y consacrerait 55 mn à se poser des questions et 5 minutes à y répondre.

Gaston Bachelard, dans « La Formation de l’esprit scientifique » nous donne une définition sublime : « L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

Est-ce que nous nous posons les véritables questions sur l’origine du sionisme, les raisons de la Nakba palestinienne ? Quelles étaient les mentalités occidentales et musulmanes au moment du drame palestinien en 1948, du drame algérien en 1830. N’est-ce pas la rencontre de deux catastrophes déshumanisées.

Le peuple palestinien devrait prendre exemple sur le peuple algérien et arracher sa libération par la force. Le peuple algérien devrait retrouver ses repères et se libérer de ceux qui lui ont importé les catastrophes : celles d’un monde occidental agonisant, malgré sa technologie et ses sciences ; celles d’un monde musulman en décadence et inapte à comprendre les causes de son inaptitude à se développer.

Est-ce que nous nous posons des questions ? Combien de questions sont superflues ? Est-ce que nous rompons le mutisme ? Est-ce que nous refusons l’isolement ?

Tant que nous sommes agités par l’une ou l’autre de ces interrogations nous sommes des vivants que l’oppresseur n’a pas vaincus et que la rente n’a pas corrompus. Nous sommes encore capables de distinguer les choses montrées de leurs symboles cachés, les paroles des hommes de leurs idées, les faits de leur logique….

Quelle est la logique des sionistes qui font effacer la trace des Arabes ? Pourquoi les Juifs eux-mêmes refusent de passer les tests génétiques qu’ils suggèrent aux Arabes ? Ont-ils peur de se retrouver de la même origine que les Palestiniens, postérieurs à eux ou plus brassés donc moins “purs”.

Nous pouvons admettre qu’une minorité persécutée et en errance dans le monde puisse s’inventer des mythes pour assurer sa survie ou imposer sa domination sur une majorité affaiblie, mais nous ne pouvons-nous taire sur le sophisme idéologique qui instrumentalise la science comme d’autres instrumentalisent la religion ou la culture.

Omar Mazri

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La Rédaction

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