Hommage à Gaid Salah

Notre « plus vieux soldat du monde » vient de rejoindre ses compagnons d’armes qui ont libéré l’Algérie du joug colonial n’en déplaise aux hyènes et aux corbeaux de mauvaise augure.

ولا حول ولا قوة إلا بالله العلي العظيم

Sobhane Allah est ce qui vient à la bouche de chaque musulman tenu par l’éthique de l’Islam de n’invoquer les morts que par leurs qualités. Il suffit à Gaid Salah d’avoir les qualités de libérateur, de légaliste et de refus d’une transition douteuse avec ses risques d’effusion de sang pour mériter notre considération à jamais.

Il avait accompli une tâche de Titan en résistant aux pressions, aux intimidations et aux menaces pour conduire l’Algérie vers une nouvelle présidence sans qu’une goutte de sang ne soit versée. Très peu de personne dans l’histoire des nations n’aurait accompli une telle prouesse et montré une telle détermination. Le jugement final appartient à Dieu qui connait le secret des cœurs et le fond des intentions. L’histoire aura à se prononcer une fois les passions apaisées et l’Algérie remise sur rails.

Aujourd’hui il nous suffit, en tant que témoin du vécu, de rappeler

  • Les convictions d’un homme qui prend le maquis à l’âge de 17 ans en 1957 en plein cœur de la bataille de libération nationale.
  • Un authentique berbère qui ne renie ni la berbérité ni l’islamité ni l’arabité de l’Algérie constituant la personnalité algérienne.
  • Il avait veillé avec succès que le Harak populaire atteigne son but stratégique sans donner la force et l’occasion à ceux qui veulent utiliser la contestation populaire légitime à se transformer en coup de bélier pour faire effondrer l’Algérie ou pour imposer l’ordre idéologique et partisan sans assise populaire. Le miracle de Gaid Salah est que ni l’armée ni la gendarmerie ni la police n’ont tiré une balle en l’air et encore moins contre un citoyen algérien. Nous nous inclinons devant sa mémoire et nous implorons le Tout puissant qu’aucun homme de valeur et de foi ne puisse se présenter le jour du Jugement dernier avec du sang sur les mains.
  • Il avait éliminé les Janvieristes qui ont mené l’Algérie à l’effusion de sang, à la liquidation de son infrastructure industrielle et à la dilapidation de son aura de gloire que lui confère la guerre de libération nationale.
  • La mise en examen de quelques corrompus du système à la suite de la fin de partie pour le clan qui a pris en otage Bouteflika et qui a régné en son nom et place visant à instaurer un « makhzen » algérien et une satellisation de l’Algérie aux intérêts économiques, géopolitiques et culturels de la France coloniale.
  • La professionnalisation de l’ANP et sa capacité combattive qui exigent de s’occuper davantage des problèmes de défense nationale et de sécurité intérieure que de calculs politiciens mesquins ou de combines de petits épiciers de quartier

Nous apprenons avec sérénité la nomination de son remplaçant, le Général-major Saïd Chengriha, qui maintiendra sans doute le cap dans la politique de professionnalisation de l’armée, de la stabilité de l’État et de la protection des frontières. Il saura sans doute donner un contenu à l’engagement présidentiel sur la Libye, le Sahel, la Palestine, le Yémen et la Syrie.

Bien entendu les forces occultes, les insensés et les sectaires idéologiques laïcistes et pseudo islamistes vont redoubler de rage, de mensonge et de trahison.

Les fripouilles et la pourriture se mettent déjà à voir dans le décès de Gaid Salah la vengeance et la malédiction de Dieu alors que nous y voyons la grâce et la bénédiction divines : Allah(swt) lui a prêté longue vie et bonne santé jusqu’au terme de sa mission. Nous lui disons bravo, mission accomplie.

Les Algériens doivent se ressaisir, prendre du recul et se remettre au travail. La probité morale, la vigilance intellectuelle et l’intelligence politique, pour celui qui aime sa patrie et son peuple, exigent d’apporter un soutien à l’actuel Président dans sa lourde tâche en lui accordant un préjugé favorable tout en encourageant les bonnes mesures et en critiquant les mauvaises. Dans cinq ans, l’opposition peut prétendre gouverner le pays et apporter le changement ou les corrections que Monsieur Tebboune n’aurait pas apporté. Dans quelques semaines le Président aura à procéder à une révision constitutionnelle et à de nouvelles élections législatives et municipales, c’est l’occasion de refonder la politique, la vie partisane et la participation citoyenne (démocratique) dans une représentation réelle loin des quotas, des rentes et des cooptations.

Le Harak par manque de maturité politique a gaspillé son énergie en ne produisant ni élite ni parti ni plateforme politique. Dans quelques semaines la loi de l’inertie va imposer sa norme : le mouvement va s’épuiser si le Président arrive à imposer sa cadence, son programme et sa communication.

Quel est notre parti ? celui de l’aventurisme, de l’Étranger, de la revanche ou celui de l’Algérie. Le choix est simple, mais pour certains, c’est encore la confusion et l’hystérie. Ceux qui veulent continuer à jouer dans les temps morts et en marge de la réalité algérienne doivent se réveiller et considérer que Gaid Salah Allah yarhmou à l’instar du Général Major Saïd Chengriha sont le reflet du sentiment des troupes et la volonté politique du commandant des forces armées algériennes : il y aura peu de changement dans les choix stratégiques.

Qu’on le veuille ou non l’ANP reste la seule force organisée. Les civils algériens et les pseudo intellectuels ont montré les limités de leurs analyses et leur incapacité à produire une alternative faute d’ancrage populaire. Les médias algériens vont aller à la faillite financière faute d’audience : véhiculer le mensonge et les fausses rumeurs ne paie pas en fin de compte.

Ceux qui croient naïvement faire appel à la désobéissance civile ou militaire pour remettre en cause le processus électoral et la restauration de l’ancien système vont se réveiller avec la gueule de bois avec cette fois-ci des poursuites judiciaires pour atteinte au moral des troupes et subversion contre la sureté de l’État.

Au-delà de l’Algérie et du nationalisme il y a dans cette existence les partisans du bien et ceux du mal, les amoureux du beau et ceux du laid, les utiles bienfaisants et les nuisibles malfaisants. Que chacun rejoint son camp et œuvre en transparence, la mort nous guette à chaque instant et nous allons inexorablement rencontrer notre Créateur : nul ne peut s’y soustraire.

قُلِ اللَّهُمَّ مَالِكَ الْمُلْكِ تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ وَتُعِزُّ مَنْ تَشَاءُ وَتُذِلُّ مَنْ تَشَاءُ بِيَدِكَ الْخَيْرُ إِنَّكَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ

 Omar MAZRI

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